Les Éditions Drama Queen sont le fruit d'une complicité de terrain entre Anturia Soilihi et Sheila Vidal. Christelle Chevalier, par ailleurs notre superbe administratrice à la production et formatrice à l'administration de projets, nous apporte ici aussi ses belles lumières et sa rigueur. 

Cette toute nouvelle Maison d'édition est née d'une urgence... Celle de refuser les assignations trop étroites et d'offrir une respiration sur le thème de la réparation

Il ne s’agit pas de ranger les textes dans une case rassurante — théâtre, poésie, récit, performance, manifeste — mais d’ouvrir un espace de lecture vivant, poreux, libre.

Si les textes publiés ont un lien organique avec la scène, ils ne lui appartiennent pas exclusivement : ils se lisent partout, dans le métro, dans une salle d’attente, sur un banc, au bord d’un lit, entre deux rendez-vous, dans les marges brûlantes du quotidien.

MANIFESTE DES ÉDITIONS DRAMA QUEEN

(EN ATTENDANT LA PARUTION DE NOS PREMIÈRES OEUVRES EN SEPTEMBRE)

Lire vite ne veut pas dire lire peu.
Lire dans le métro ne veut pas dire lire moins fort.
Lire un texte venu de la scène ne veut pas dire appartenir au théâtre.

LES ÉDITIONS DRAMA QUEEN naissent d’un désir simple et radical : remettre dans les mains des lecteurs des textes courts qui comptent, des textes qui accompagnent les vies pressées sans se soumettre à leur vitesse, des textes qui tiennent dans une poche mais ouvrent grand.

À l'ère du scroll et des écrans à tout va, la maison défend des formes brèves, narratives, transportables, d’une intensité immédiate.
Des livres de 35 pages maximum, pensés pour se lire partout. Dans les transports. Entre deux rendez-vous. Avant d’entrer en scène. Après une rupture. À l’ombre d’un festival. Dans une cuisine trop petite. Au bord d’un épuisement.
Dans ce moment précis où l’on cherche moins à s’informer qu’à se retrouver.

Ces livres "lit et ratures", "litté-ratures" ne veulent pas concurrencer "la littérature" ; ils veulent rappeler qu’elle peut encore surgir au cœur des journées saturées.

Ils proposent une expérience plus vive, plus incarnée, plus troublante que le réflexe de faire défiler son téléphone.
Ils prennent le parti de l’attention contre la distraction, du trouble contre l’engourdissement, du langage contre l’usure.

La maison ne segmente pas. Elle ne demande pas au lecteur de choisir entre théâtre, poésie, récit, adresse, parole ou performance. Elle accueille des textes qui se tiennent à la frontière, dans la friction des formes. Des textes destinés à la scène, parfois nés d’elle, mais lisibles par tous. Des textes dont la force ne dépend pas d’un appareil savant ni d’un entre-soi culturel.

Le geste éditorial est clair : publier des textes RÉPARATEURS. Non pour colmater le réel avec de bons sentiments, mais pour offrir des formes qui aident à traverser.

Réparer, ici, c’est réanimer.
Redonner du souffle.
Produire du courage, du décalage, de la douceur, de l’irrévérence, une manière de continuer malgré l’époque et parfois contre elle.


Le livre lui-même doit être désiré. Beau, direct, tenable dans la main, portable comme un viatique. Un objet que l’on achète à la sortie d’un spectacle, que l’on glisse dans une poche, que l’on offre comme on transmet une formule de survie. Un objet qui ne reste pas sur une étagère mais circule, passe, insiste, accompagne. Un objet-livre qui agit comme un talisman.

LES ÉDITIONS DRAMA QUEEN défendent ainsi une porosité forte entre scène et page. Elles croient aux textes qui débordent de leur lieu d’origine. Aux paroles capables de quitter le plateau sans s’affaiblir. Aux écritures qui peuvent être jouées, lues, murmurées, prêtées, reprises, emportées.

Le premier jalon de cette aventure est aussi sa déclaration d’intention : Le Monde brûle et moi, je m’achète des Nike d’Anturia et notre Kit de survie contre la survie. Le premier est vu comme une alarme tendre. Il a reçu le Grand Prix Artcena de l'Aide à la Création. Le second se conçoit comme une secousse portable. Deux textes comme la preuve qu’une littérature brève, populaire au meilleur sens du terme, sensible et affûtée, peut faire communauté.

LES ÉDITIONS DRAMA QUEEN publient pour celles et ceux qui n’attendaient pas forcément le théâtre dans un livre, et qui pourtant y trouveront un rythme, une consolation, une énergie, une insolence, une présence.

Publier, ici, consiste à fabriquer des formes de poche pour les grandes traversées et les jours qui brûlent...